Silence assourdissant autour des scandales sexuels de fonctionnaires internationaux
Cest durant les années nonante que les premiers récits de scandales sexuels
ont fait du bruit : les troupes militaires de l'ONU ainsi que d'autres
fonctionnaires de l'ONU se seraient rendus coupables d'exploitation et
d'abus sexuels dans lexercice de leur fonction. Les accusations provenaient
de Bosnie, du Timor oriental et du Cambodge. En 2004, un premier rapport
officiel a été publié au sujet de la mission internationale au Congo, suivi
d'un rapport sur Haïti, le Libéria et d'autres missions.
Aujourdhui, l'ONU enquête sur deux affaires d'abus sexuels commis au Congo
où un fonctionnaire indien et son collègue tunisien seraient impliqués. Le
nombre total des dossiers en cours pour cette année est de 45, soit presque
autant que lannée dernière. Un total de 112 plaintes avait été enregistré
l'an dernier.
Etats membres
Ce chiffre est beaucoup moins que les 357 cas signalés en 2006. « Mais
chaque affaire reste une affaire de trop », précise Lopez Anayansi du
Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU. « Nous avons
donc besoin du plein appui des États membres pour veiller à ce que la
tolérance zéro soit une réalité », conclut le fonctionnaire qui rappelle que
dans certaines régions éloignées des cas dabus sexuels pourraient ne pas
avoir été signalés.
Les soldats qui commettent des infractions relèvent de la compétence de leur
propre pays. La responsabilité de l'enquête et la punition est donc entre
les mains de leurs États. Mais selon le New York Times seulement 13 des 39
pays fournisseurs de troupes militaires ont communiqué à lONU la manière
dont ils comptaient mener les enquêtes au sujet des affaires en cours.
L'an dernier, lONU a demandé 82 fois des informations sur le cours des
événements après une allégation d'abus sexuel mais elle na reçu une réponse
que dans 14 cas. Depuis 2007, l'ONU na plus eu de nouvelles de la part des
gouvernements dans trois quarts des cas.
(FIN/IPS/2010)


