Les Arabes se tournent progressivement vers Erdogan, Chavez et Ahmadinejad

Au printemps de 2009, près de 45 % des habitants du Maroc, d’Egypte, de

Jordanie, du Liban, d’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis avaient un

avis positif sur Obama. Ce pourcentage est maintenant tombé à 20 %, d’après

un sondage d’opinion publique arabe mené par l'Institut Brookings et Zogby

International. Le sondage se base sur un échantillon représentatif de 4.000

personnes.

Israël

Pourtant, près de la moitié des personnes interrogées garde d'une image

positive d'Obama en tant que personne mais presque plus personne ne croit

qu'il veut ou peut changer la politique américaine au Moyen-Orient et plus

particulièrement sa politique envers Israël et l’Irak. « Israël est le

prisme à travers lequel les Arabes regardent vers les États-Unis», a déclaré

le chercheur Shibley Telhami.

À cet égard, le monde arabe reste un îlot de stabilité. La grande majorité

estime encore que les intérêts d'Israël restent déterminants pour les États-

Unis, ils estiment que les États-Unis doivent d'abord assurer la paix entre

Israël et les Palestiniens tandis que tous les pays estiment qu'Israël

représente la plus grande menace pour eux-mêmes.

Le leader le plus admiré pour 20 % des répondants est le Premier ministre

turc Recep Tayyip Erdogan. Il doit principalement sa popularité à sa

critique d'Israël lors de l'attaque sur Gaza et à la suite des incidents

découlant de l’action d’un navire turc en direction de Gaza en mai dernier.

La bombe atomique

Après Erdogan, c’est le président vénézuélien Hugo Chavez qui recueille le

plus d’avis positifs (13 %) suivi du président iranien Mahmoud Ahmadinejad

(12 %). Ce dernier semble, directement ou indirectement, bénéficier de la

fatigue d'Obama. Même si la plupart des Arabes pensent que l'Iran n'est pas

occupé à suivre un programme nucléaire pacifique, de moins en moins s’en

soucient effectivement. Plus des trois quarts des populations arabes, la

plupart des Marocains et des Egyptiens, estiment que l'Iran a le droit de

développer une telle arme et 57 % estiment que le développement de la bombe

atomique sera un facteur positif pour le Moyen-Orient. C'est deux fois plus

que l'année dernière. Seulement 21 % (contre 46 % l'an dernier) craint que

la bombe atomique puisse avoir un impact négatif pour la région.

Il n’y a que les habitants des Émirats arabes unis qui restent fermement

opposés à une aventure nucléaire iranienne. « En général, l’idée d’un

soutien arabe à une éventuelle attaque américaine contre l’Iran recueille

très peu d’avis positif », écrit Marc Lynch, un commentateur influent sur

foreignpolicy.com.

Selon Telhami, les opinions sur l'Iran sont fortement corrélées avec celles

relatives aux États-Unis. « C’est avant tout l’expression d’une colère et

d’un pessimisme quant à la politique américaine ».

(FIN/IPS/2010)