Le rapporteur de l'ONU n'est plus le bienvenu en Birmanie

Les activistes birmans en exil ne sont pas surpris par le traitement infligé

à l'avocat argentin qui était actuellement en visite en Thaïlande et en

Indonésie. Ce dernier prépare un nouveau rapport sur la Birmanie. Son

prédécesseur, Paulo Sergio Pinheiro, n'était plus non plus le bienvenu en

Birmanie suite à la publication de plusieurs rapports critiques sur le

régime militaire.

"Il est clair que M. Quintana a touché un nerf sensible du régime birman

quand il a appelé à la mise sur pied d’une commission internationale sur les

crimes de guerre présumés de la junte au pouvoir", a déclaré Khin Ohmar du

Partenariat Birman, un réseau d'organisations qui luttent pour la démocratie

et les droits de l'Homme dans le pays.

Quintana avait surpris les observateurs pour son choix de mots très durs,

précise Khin. « C'était la première fois qu'un rapporteur des droits de

l'Homme de l'ONU lançait un appel pour une enquête à propos des crimes

contre l'humanité », ajoute-t-il.

En 1992, l'ONU a reçu pour la première fois un mandat international pour

mener une enquête sur les violations des droits de l'Homme en Birmanie. Mais

ce n’est qu’en 2002 qu’il a été également question de crimes de guerre dans

le cadre d'une répression croissante et des abus dans ce pays longtemps en

proie à des violations des droits humains.

Dans son rapport de mars 2010, Quintana évoque une série d’abus, y compris

la mort et la torture de prisonniers, le travail forcé, les arrestations de

dissidents ainsi qu’un manque de liberté d'expression.

« Le rapport a été la confirmation suprême de ce que répètent sans cesse les

minorités ethniques dans les zones de guerre », explique Charm Tong de

l’organisation SWAN. « Les victimes sont toujours menacés et doivent

constamment fuir l'armée birmane ».

« Pour faire quelque chose face à ces pratiques, l’appel de Quintana doit

réussir à briser le silence du Conseil de sécurité. Nous voulons que la

Birmanie puisse rendre des comptes », conclut-il.

(FIN/IPS/2010)