L’ONU lève les obstacles pour la création d’une agence des femmes

Les négociations étaient encore à l’arrêt à cause d’un désaccord entre

plusieurs Etats membres de l'ONU concernant la répartition géographique des

sièges au conseil d'administration de la nouvelle agence ainsi que sur la

manière dont la nouvelle agence pouvait suivre les progrès politiques dans

chaque pays.

Le conseil d'administration sera finalement composé selon un système

entièrement nouveau, une formule hybride avec d’un côté une répartition

géographique des sièges et de l’autre un groupe de bailleurs de fonds

composé des quatre plus grands pays donateurs qui contribuent le plus au

budget de l’agence et deux pays en voie de développement.

Le conseil d’administration aura la répartition suivante: dix sièges pour

l'Afrique, dix sièges pour l’Asie, quatre pour l’Europe de l'Est, six pour

l’Amérique latine et les Caraïbes et cinq sièges pour l'Europe occidentale

et autres groupes (WEOG). Pour les bailleurs de fonds, il y a en outre six

autres sièges.

ONU FEMMES

La nouvelle organisation sera tout simplement dénommée « ONU Femmes » avec

comme sous-titre : l’Union de l’ONU pour l'égalité des sexes et

l'autonomisation des femmes.

L'assemblée générale de l'ONU va mandater le secrétaire général Ban Ki-Moon

pour qu’il créé officiellement la nouvelle agence. A la tête de l’agence

sera nommé un secrétaire général adjoint.

L'ONU compte depuis des années des institutions spécialisées pour les

enfants, les réfugiés, l'environnement, la santé, la population, le tourisme

ainsi que toute une liste d'autres groupes et de problèmes spécifiques, mais

un organisme qui s’occupe spécifiquement de la subordination sociale des

femmes est une première.

Hybride

La nouvelle entité n'est ni un secrétariat, ni un fonds, ni même un

programme mais il s’agit d’une hybride dans lequel les quatre entités de

l'ONU concernant les genres seront regroupées en un seul endroit: l’agence

des Nations Unies pour développement de la femme (UNIFEM), le Bureau du

conseiller spécial pour l'égalité des sexes, la division des Nations Unies

pour la promotion de la femme et l'Institut international de recherche et de

formation pour la promotion de la femme (INSTRAW).

Charlotte Bunch, directrice du Center for Women's Global Leadership à

l'Université Rutgers, a été l'une des grands défenseurs de la création d'une

entité séparée des Nations Unies sur la problématique du genre. « Je suis

heureuse du résultat car nous voulions vraiment que l’agence soit aussi

hybride que prévue ».

Une autre avocate de la cause, Paula Donovan, co-directrice d’AIDS-Free

World, est également heureuse. « Quatre ans après que nous ayons lancé

l’idée, les États membres ont désormais officiellement décidé de changer la

petite structure insuffisante de l'ONU pour traiter des questions relatives

aux femmes. Au lieu de cela, ils ont jeté les bases d'une agence forte,

efficace, mature et féminin afin qu’elles soient traitées comme des

citoyennes de première classe et non des entités de deuxième zone parmi les

organismes des Nations Unies. »

Budget

Il est prévu que l’agence ONU Femmes ait un budget annuel de 500 millions de

dollars. Il s’agit d’un budget doublement plus élevé que les budgets

combinés des quatre entités actuelles des entités de l’ONU. Mais ce n'est

que la moitié de ce qui était demandé par la coalition internationale de

plus de trois cents ONG GEAR préconisant la création de l'entité

internationale féminine.

« Les plus gros obstacles pour la mise en œuvre vont être les fonds et le

leadership», a déclaré Charlotte Bunch. Il est désormais essentiel de nommer

une secrétaire-générale adjointe forte qui puisse obtenir le respect des

autres agences onusiennes et des bailleurs de fonds, précise-t-elle.

(FIN/IPS/2010)