L’Europe veut plus d'espace pour les cultures transgéniques

L’Union européenne avait imposé un moratoire durant les douze dernières années pour la culture de nouvelles plantes génétiquement modifiées. Cette décision était une conséquence de la résistance généralisée de l’opinion publique européenne et de certains gouvernements envers la biotechnologie.

Dans un article récent (13 juillet) publié par un média, la Commission européenne reconnaît que les gouvernements nationaux ont le droit de ne pas donner accès sur leur territoire aux cultures transgéniques. Mais officieusement, toutefois, les fonctionnaires européens estiment que l'objectif du nouveau projet vise à accélérer le processus d'approbation des cultures transgéniques dans les pays membres de l’Union.

John Dalli, le commissaire européen chargé de la Sécurité alimentaire, a déclaré que le projet ne permet pas aux différents gouvernements de refuser l’accès aux cultures transgéniques pour des raisons sanitaires ou environnementales. Toutefois, les gouvernements peuvent toujours invoquer des considérations morales ou éthiques pour maintenir l’interdiction.

Approbation

Les avocats qui conseillent l’organisation les Amis de la Terre affirment que les objections morales et éthiques ne sont que de simples contestations juridiques. Dalli dit que les conseillers juridiques de la Commission européenne les considèrent autrement et il refuse de fournir des exemples d’objections éthiques recevables.

Les environnementalistes estiment que le commissaire européen Dalli reste sourd aux appels lancés par les gouvernements européens visant à supprimer la procédure d'autorisation. Le nouveau projet contraste d’après eux avec la demande unanime des ministres européens de l'Environnement de 2008 demandant une enquête à l'Agence européenne de la sécurité alimentaire sur l’impact à long-terme des OGM (organismes génétiquement modifiés) sur les écosystèmes. Les risques des cultures transgéniques devraient être examinés par une organisation non liées à l'industrie de la biotechnologie.

Le maïs

Selon Greenpeace, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a tenté à quatre reprises, depuis qu'il a pris ses fonctions en 2004, de faire passer une mesure visant à obtenir un accord des gouvernements européens en matière d’OGM. "Maintenant qu’il s’approche de l’échec, il tente le compromis", estime Stefanie Hundsdorfer de Greenpeace. "Dans une nouvelle tentative à son ordre du jour, il tente de faire à nouveau passer la mesure en promettant aux pays qu’ils pourront maintenir une interdiction nationale s’ils ferment les yeux en matière de santé et de sécurité pendant le processus d'autorisation. Les interdictions individuelles ne peuvent pas être un substitut pour une procédure de sécurité scientifiquement valable au niveau européen ».

Les entreprises de biotechnologie ne sont pas non plus satisfaites avec ce nouveau projet. Carel de Marchie Sarvaas, représentante d’EuropaBio, estime que le projet donne « carte blanche aux gouvernements pour accepter ou refuser les cultures transgéniques sans de tenir compte des besoins ou des souhaits des agriculteurs."

(FIN/IPS/2010)